“et mon corps est ce qui
de cette douleur déroutante
se sera sorti vivant et permanent”


A. A.




























































































Ce travail est une œuvre collective sur la question de la représentation de soi par la photographie.

De septembre 2018 à mars 2020, j’ai travaillé avec des usagers de l’hôpital de jour d’Alfortville sur l’autoportrait.

Il s’agissait non seulement de se représenter mais de s’inventer et d’être acteur et auteur des conditions de sa visibilité et de sa perception par les autres.

Cet atelier a aussi constitué un enjeu artistique personnel.

Le portrait est depuis des années au cœur de mon travail photographique. À l’initiative, jusqu’à présent, de chacun de mes projets, j’en étais la seule opératrice. Bien qu’en permanence éprouvée et ébranlée par la tension qui se crée au moment de photographier entre photographe et photographié, ces projets étaient les miens et, d’une certaine manière, je les pliais à ma vision.

Ici, j’ai souhaité ouvrir mon regard, le déplier, pratiquer un geste photographique expérimental qui ne consistait pas à capturer mais à accompagner et à recueillir.
 

Marion Gronier